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    December 07

    Arrivee a la Ligne - Irina_texte1 V.F

    J’ai eu la chance d’arriver a Tijuana avec des yeux neufs. C est-a-dire avec un regard totalement vierge de ce paysage. Ce regard qui permet de s’etonner, d’halluciner sur tout est un cadeau que nous offrent seulement l’enfance et le voyage.

    Jusqu’ici je ne connaissais qu’une seule frontiere: celle qui separe le Paraguay de l’Argentine et du Bresil. Et je venais surtout habituee aux “non-frontieres” de la Communaute Europeenne qui ne se font visibles que lors des controles hasardeux des douanes “volantes”, sur les routes ou dans les trains internationaux. Rien a voir avec celle-ci…

    Je suis arrivee a la Ligne par hazard, environ une semaine après etre arrivee a Tijuana. J’avais pense a cette visite comme entouree de rituals. Vu que ca allait etre mon objet d etude, je venais avec des plans, des illusions, des rites d’approche propres au travail de terrain imagine a distance. J’ai fini par y aller sans meme savoir que j’allais aterrir la. La situation de cette premiere visite etait interessante : un professeur francais, a qui on avait propose un parcours dans “L’Horrible” Tijuana avant de remonter dans l’avion, un photographe natif de Tijuana (et ils sont peu…) qui, bien qu’il photographie la ligne tous les jours ne semble meme plus la voir.  Comme si c’etait pour lui un detail du paysage qui ne parviendrait jamais a empecher la circulation, qu’on y ajoute des murs ou non. Et moi, qui m’etais incrustee a la visite. .. Le preofesseur et moi, hallucines, soumettant le pauvre photographe charge de nous montrer sa ville a un veritable interrogatoire. Chaque question devait lui sembler plus absurde que la precedente…

    Je crois que la premiere chose qui a attire mon attention ca a ete la ligne elle meme (enfin, une parmi toutes les choses auxquelles on fait reference avec le mot ligne ici), c’est-a-dire la file de voitures attendant avec tellement de patience qu’on aurait dit qu’il s’agissait d’entrer au Paradis. Soudain j ai commence a me demander : Qu’est-ce qui peut meriter tant d’attente? Comment ils supportent ca, toutes ces heures passees la sans descendre de sa voiture, sans bouger de la file de pietons? Est-ce qu’il n’y a vraiment pas le choix? Ou estce qu’il  y a vraiment un coin de Paradis de l’autre cote?

    Mon regard ne pouvait se detacher de ces voitures, collees l’une a l’autre, avancant millimetre par millimetre comme un long serpent rampant sur l’asphalte. Et le contraste avec le monde si vivant des vendeurs se deplacant entre les files statiques, glaces, journaux, Jesus Christ sur la croix, plaids, chewing-gums…et sur le cote, les stands, vomissant des figures de platre, que du toc, Winnie l’Ourson et quelquechose qui semblerait vouloir etre azteque, des masques de lutteurs aux couleurs du drapeau mexicain. Un univers d’objets, laids, inutiles et faux. Que represent-ils pour celui qui les achete ? Que pense d’eux celui qui les vend ? Chaque stand avec son vendeur mobile, capable de detecter le regard charge de desir d’un client potentiel, quand bien meme il serait au quatrieme rang, capable de deviner quel est l’objet du desir et de lui emmener en courant a sa voiture, ou qu’elle soit…

    We take it to your car…annonce un panneau gigantesque, qui est devenu pour moi comme un symbole de la ligne. Une composition de bouteilles de tous les alcools possibles et imaginables, un paquet de Marlboro…pour un regard habitue au mediascape d’un pays qui a interdit il y a longtemps deja la publicite pour le tabac et les boissons alcoolisees, vous imaginez le choc… cette photo te dit : «  Tout ce que tu peux vouloir consommer, je te le trouve et je te l’apporte sur un plateau » (depuis ta maison avec vue sur le Pacifique jusqu'à ton Viagra ou ta tequila Cuervo qui te donne du courage en te suggerant « Ose traverser la frontiere »). Comme si c’etait Tijuana elle-meme qui te parlait, la ville-miroir disposee a te montrer exactenment ce que tu veux voir…

    Ensuite mes yeux se sont habitues peu a peu,  dans cette phase ou on passe du voyager au vivre a un endroit, meme juste pour quelques mois. Ce sont d’autres choses qui attirent ton attention. Pour moi ca ete, par exemple, la dimension physique de la ligne. Quand tu la vois d’en haut, du pont, on dirait un espace en deux dimensions. La file de voitures serait la dimension verticale, infinie, et les postes-frontiere l’horizontale, si etroite. Et soudain tu te prends a penser : Comment c est possible que se concentre ici tant de pression, d’inegalites, de stereotypes, tant de problemes globaux, dans un espace si reduit ?  Ce couloir ridicule, c’est ca qui separe les Etats-Unis du Mexique, les Gringos des Latinos, la Premiere Puissance du reste du monde ?….. Serieux ?

     

                La Ligne est un paradoxe. Je crois que c’est le seul mot qui puisse la definir. Pour qui veut voir cet aspect de la chose, ca peut ressembler a un « non-lieu », statique, sans consistance, espace de l’attente anonyme, ou l’unique attitude a adopter est celle qui consiste a se soumettre a cette attente, parce que le temps, ce sont les agents dans leur cabane qui le controlent.

    Pour qui veut voir l’inverse, la ligne est un quartier dense, avec des milliers de vies, d’histoires, avec des gens qui bien plus que se soumettre inventent tous les jours mille manieres de faire de ce bordel une opportunite.

    La ligne a beaucoup d’espaces, beaucoup de temps differents. Je crois que la ligne est une chose differente pour chacun. Et sans doutec est bien plus que tout ce que je viens de dire.

     

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    December 06

    La garita de San Ysidro, Tijuana - Marlene_texto1

     

    Es un lugar de la frontera, es la principal puerta de entrada a los Estados Unidos, el punto más lejano de México, del México más profundo. Es la primera trinchera, la garita donde más personas y autos pasan diariamente al primer mundo. Es el punto de fuga desde donde se puede trazar la ciudad.

     

    Cruzamos la primera vez hace cuatro años, en el 2002, ya sabía que podía estar en la línea de carros hasta una hora, así que nos preparamos. Mis hijos estaban pequeñitos, de cinco y dos años, por lo que la espera fue bastante agotadora. No encontraban la forma de soltar su energía. Ya el tiempo invertido me resultaba absurdo, pero también me sorprendió la avidez de los vendedores de “souvenirs” ¿mexicanos?. En verdad, era evidente las ansias de hacerse de unos dólares, parecía como que los objetos tuvieran vida propia, mostrándose entre los autos, mientras que quien los exhibe y los carga no tiene valor alguno, es un aparador ambulante, trae varias gorras en la cabeza, un zarape puesto otros en el brazo derecho, en una mano una vasija, en la otra un perro de barro y un cristo  en la espalda. La sensación que dan los “dealers” de las tienditas que están a un costado de las líneas de carros es que están al acecho y que hacen lo que sea por vender alguna mercancía.

     

    Cosa aparte son las mujeres, algunas indígenas libraban su batalla en este espacio, vendiendo chicles o pidiendo limosna, algunas de ellas con hijos pequeñitos ayudando en la labor de conseguir unas monedas. Otros niños piden dinero después de mostrar sus habilidades como malabaristas.

     

    Por su parte, los vendedores de “alimentos” deben de librar una lucha intensa por ganarse un espacio entre los autos, ofrecen una variedad amplia de productos, las clásicas chatarras: papitas, chicharrones, tostilocos, gansitos, churritos, chetos. Otros no tan chatarra, como los esquites, elotes y los churros, estos más mexicanos. No falta el puesto de frutas cortadas en un vasito con chile y limón, en verano las nieves y los raspados, las aguas y los refrescos en lata o en botella, y hasta el café calientito que se ordena desde atrás y el muchacho va corriendo a traerlo calientito, si se quiere capuchino pues también se puede.

     

    Los puestos ya establecidos tienen de todo, para muchos con los que he platicado las mercancías les parecen horribles y es que son híbridos, ni de aquí ni de allá, se puede encontrar al hombre araña como alcancía hecha de barro, los ositos Wenny Pooh, sentaditos de buen tamaño.  La mezcla también resulta inaudita, junto a estas figuras de barro con colores chillantes, se exhiben perros de yeso recubiertos de un material que simula la piel, es como un terciopelo fino. Esto es más que hiperrealista.

     

    Si te fijas bien pues están las típicas artesanías mexicanas que venden en cualquier centro turístico del país: las máscaras de luchador, los sarapes, las colchas de San Marcos, los solecitos de barro. Nada más que tienen sus variaciones: los sarapes pueden tener el escudo de un equipo de béisbol, o de futbol americano: Dodger, Rengers, que se yo. Son alteraciones para hacer de estos objetos una mercancía posible en la vida del mundo yanqui.

     

    Otras imágenes que conviven a fuerza porque no tienen nada que ver, son las imágenes en cuadros de Scare Face, Marylin Monroe y Bob Marley (serás por lo de Tijuana, tequila, sexo y mariguana). Pero es que también hay angelitos de piedra blancos o casi blancos, algunos incluso puestos en un pedestal tipo griego.

     

    Si vienes del sur, como dicen aquí, no te reconoces fácilmente en estas representaciones de lo mexicano, tienes que recordar que hay una historia detrás, la ciudad creció y se desarrollo como “hija putativa” de esta región de Norteamérica, sus vínculos con el centro del país eran muy débiles, en cambio con el otro lado fueron siempre intensas, muchos mexicanos se quedaron allá cuando los Estados Unidos se anexo esta región del país. Además un buen número de quienes van y vienen son mexico-americanos, que no son de aquí ni de allá, son de los dos lados y traen dólares.

     

    Luego pienso en los inspectores de las garitas, ¿qué sentirán cuando ven la filonona de carros esperando pasar?, un poco de agobio, quizás. Dicen que los  más duros son los de origen mexicano, y es que no sabes que te vaya a tocar, hay algunos que te sonríen, te hacen alguna broma: -did you go just for a date with your lover?- me dijo una vez un gringo medio gordito y simpático. Otros están mal encarados y te revisan con su lamparita y miran dos veces las visas, no te dirigen la palabra y te echan ojos de pistola. Antes de llegar a la inspección, te acomodas en el asiento del carro, te pones el cinturón de seguridad y te quitas los lentes, lo de los lentes fue un consejo que me lo dio un compañero de trabajo, es para no generar sospechas. A veces te toca mala suerte porque de manera aleatoria escogen autos para pasar a inspección secundaria, donde revisan tu auto con perros y todo.

     

    La primera, primera vez que pasamos, saliendo de la garita ya en San Isidro, sí que sentimos una sensación de alivio, de liberación, como si hubiéramos ganado algo, esa sensación nos dio porque después de una hora de ir a vuelta de rueda, por fin tomas una autopista por la que puedes tomar velocidad, que descanso … entramos.

     

    Pero el cruce por esta garitas debe ser un verdadero ritual para quines cruzan de ilegales, más si vas metido en la cajuela de un auto, el tiempo allí debe ser eterno y cada sonido debe generarte mucha inquietud. Hay otros que pasan con papeles falsos, una vecina mía se dedicaba a esto, era pollera. Su modus operandi consistía en reclutar en su casa a los o las que iba a pasar como por un mes, en ese tiempo les enseñaba algo de inglés y les compraba ropa nueva y les cortaba el pelo. Y bueno les conseguía visas falsas, además de que tenía comprado a algunos de los agentes de migración. Luego ya los ponía en un carro y a pasar por la garita de San Isidro, el chofer ya sabe a que puerta dirigirse.

     

    Eso me lo contó Doña Lucía, también me decía que no sólo pasaba personas sino también mariguana: ¿cuánta droga pasará por aquí?. Ya casi llegando a la caseta de inspección hay agentes de policía con perros oliendo los carros, puedes ver también un letrero con los más buscados por el FBI, allí están los Arellano Félix, los Chapos y otros.

     

    También haciendo línea te encuentras otros personajes, casi siempre hay alguien de las misiones de la iglesia cristiana, eso creo, no se exactamente, pero traen una gorra y un traje especial, como muy formal, a veces todo blanco. Según Guillermo, no es tal cosa, sino que es un grupo de personas que viven en comuna y que sobreviven de pedir dinero en las calles y en la línea.

     

    Pero un día que me conmovió y frustró el hecho de no poder hacer nada y por pensar en la tragedia de este hombre. Lo ví casi llegando a la garita, estaba en muy mal estado, seguramente había inhalado tiner y no tenía ninguno de sus dos brazos, andaba vagando, sucio y con la ropa descompuesta. Enseguida me pregunté ¿cómo habrá perdido sus dos brazos carajo?. Parecía mexicano, del centro del país, tal vez había trabajado en la Hundai, pensé en eso porque recién en una entrevista, me habían contado que en esta fábrica es donde ocurren el mayor número de accidentes de trabajo y varios han sido mutilados de pies, de manos. Lo alcance a ver una vez más pero cerca de la aduana, pasando los semáforos en la puerta de entrada a México.

     

    Después encontré a otra persona igual medio drogada vagando entre los carros, pero era una norteamericana, grandota en pantaloncillos cortos y traje de baño, traía unas trenzas largas  y andaba como perdida, sería uno de tantos jóvenes que vienen a México al destrampe del fin de semana, eso parecía.

     

    Es un lugar extraño, en donde el tiempo se detiene y adquiere otra densidad, antes no era así el cruce era de lo más sencillo, podías ir y venir varias veces, sin que implicara tanto tiempo, eso dice mi vecina, que cruzaba diario a trabajar en una joyería del centro comercial las Américas. Ahora se va el lunes y se queda a dormir con algún pariente hasta el viernes, cuando regresa a casa.

     

     

     

    Sin titulo - Gustavo_textos 1 y 2

     

     

     

     

    Intento escribir. Sentado frente a la computadora, pienso. Podría hacer un esquema del tipo: pensamientos a) b) c), pero no es el caso. Un pensamiento hegemoniza a los otros. Pero debo postergarlo, aun con cariño, por ahora. Me levanto. Desde la ventana, veo dos franjas del océano separadas por un edificio color cemento de tres niveles. En el segundo nivel hay un gran letrero de doble A. Banderitas festivas de muchos colores ondean con el viento. Hacia la izquierda está el edificio alto del hospital en cuya terraza, durante las cálidas tardes del verano, pude ver a viejitos gringos tomando el sol. En medio, destaca el restaurante chino. En esta temporada, en que oscurece a las cinco de la tarde, su potente letrero amarillo ilumina la noche larga con el candor del neón. Adentro, en algún lugar debe haber un pino navideño (Lo sé. No. Lo adivino) y niños de ojos rasgados a quienes he visto jugar y los he oído pasar del mandarín al español como por la sala de su casa. El sol cae, oscurece; el mar va desvaneciéndose. ¿Qué decir de Tijuana? ¿De Tijuana o de la línea o del bordo? Y creo que sin quererlo la he ido diciendo. Tijuana podría ser un mismo mar separado en dos franjas por un artificio humano; un letrero de la doble A rodeado de coloridas banderas festivas; gringos viejos tomando el último sol en hospitales de la costa; restaurantes chinos adornados con pinos Coca Cola. También podría ser un faro potente que a pesar de los años, sigue guiando las ilusiones de muchos. Sólo ilusiones. También sería la sala de una casa donde se oye la melodía de las palabras extranjeras como se oyen diferentes géneros musicales en un aparato de radio. Corte. Por algún resquicio se cuela la duda. Ahora pienso: ¿tendrá sentido? Lo que escribo, ¿tendrá sentido? O: ¿tendrá sentido decir algo de Tijuana? Pienso que sí, pero no de esta manera. ¿No? (Ahora tengo que seguir) Y es una casualidad la que me sitúa en la línea, en el bordo: precisamente, escucho un anuncio en el radio. Una campaña en contra de la violencia hacia los niños. Es de una fundación gringa. Pero se pasa en Tijuana como otros anuncios o campañas estadunidenses: días de descuento, festividades, iniciativas de ley. Es el reconocimiento de que la audiencia esta de uno y otro lado. Y es por este anuncio que dejo Tijuana para irme a la línea. Primero, es importante diferenciar entre la línea y el bordo. El bordo es la barda. La frontera materializada. Y cuando no había barda (cuentan que hubo un tiempo en que no la hubo) designaba el límite. Yo diría que todavía hoy, cuando alguien dice “el bordo”, lo dice dándole el sentido de límite. Ahí termina el país. Si se quiere continuar se habrá de continuar corriendo riegos. Decir “la línea” tiene un sentido distinto. Cuando alguien dice “la línea”, la referencia es a la zona de cruce legal. Eso creo, pienso, me parece, sospecho, intuyo, supongo. No sé bien donde empieza y termina ese lugar o ese espacio, que tal vez no se circunscriba a la garita. Pero la alusión sí es a la zona de confluencia de todos aquellos que pueden cruzar legalmente. Hasta me parece posible que alguien que cruce clandestinamente pueda decir, diferenciando los dos espacios: cruzaré por el bordo o cruzaré por la línea. Aunque su cruce sea el mismo: clandestino. Dos espacio reconocidos como distintos. Imagino la línea como el corazón de esta ciudad llamada Tijuana. Desde ahí se bombea la sangre. La historia de Tijuana esta ligada a ese ir y venir de personas, objetos, símbolos. Más: y no sólo su historia sino su personalidad. La ciudad que Tijuana es pasa por esa experiencia o fenómeno de cruces (sin quererlo nace el juego de palabras: cruces de cruzar y cruces de cruz). De encuentros o desencuentros entre dos visiones de mundo, dos culturas, aunque sea lugar común. Si el otro lado fuera igual a éste o viceversa, la frontera no sería como es aunque hubiera bordo, aunque hubiera línea. Pero volviendo al bordo y a la línea, el primero parece estar delimitado. Pero ¿Dónde empieza o termina la línea? ¿qué incluye en su inventario de personas, objetos, situaciones?. Hay más para reflexionar.

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    Si es una intuición afortunada pensar que cuando alguien dice “la línea” la referencia es a la zona de cruce legal o a un lugar de confluencia de quienes pueden cruzar legalmente. La pregunta posible es: ¿dónde empieza y donde termina la línea? No se si la línea es un no lugar o un lugar, pero por lo menos tiene tres características que creo, hacen de un lugar un lugar, primero es una zona o espacio geográficamente delimitado, o mejor: que puede ser delimitado. Segundo, es un espacio en el que existen dinámicas particulares de relación entre los que viven y experimentan dicho espacio.  Tercero, y me pongo radical, dado que lo que no es contado, dicho, no existe, también es un espacio narrado; relatos y contrarrelatos circulan en y sobre ese espacio que los genera y los hace circular. Y estas tres características están en perfecta relación. Aunque en este momento no tenga clara la delimitación geográfica de la zona o espacio, como ya lo ha sugerido Georgieff (2006), la línea pude ser delimitable como espacio a partir de las dinámicas de relación y de uso del propio espacio, pero también por lo que se dice o cuenta de él: sus narraciones referenciales (anécdotas, rumores, ficciones) o metarreferenciales (letreros, anuncios). Es decir, las dos últimas condiciones pueden servir para definir la primera. O dicho de otra forma: las dinámicas de relación microsocial, el uso del espacio y la narratividad pueden funcionar como herramientas cartográficas. Reconociendo las dinámicas, el uso y las narraciones, sería factible proponer una delimitación geográfica de la línea, pero además podría develar algunos principios acerca de la línea como un espacio textual y de confrontación de sentidos sociales e individuales (aspiraciones, proyectos, visiones de mundo). Una arena de luchas simbólicas, pero supongo que también de consensos y disensos. La línea toma su nombre de la cola, la fila, que hay que hacer para poder llegar hasta una de las puertas de la garita y cruzar. Y sobre todo creo que refiere particularmente a la garita de San Ysidro, porque cuando se trata de Otay se suele decir “la garita de Otay”.

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    Eso me reubica ahora, en la siguiente tarea, quedamos de escribir algo sobre una experiencia de cruce para mañana (lunes). El cruce siempre es algo complicado. No recuerdo ningún cruce que haya sido de terciopelo. Siempre implica alguna pequeña o gran dificultad. Desde que te preparas y planeas: cruzaremos tal día o a tal hora. O aún cuando lo haces de manera cotidiana. Tal como lo hice varias veces en compañía de amigas y amigos. Estábamos en Tijuana y de repente alguien decía: vamos por un café al otro lado o vamos a Hillcrest al cine o vamos a tirarnos en el pasto de Seaport Village y ver la puesta de sol. Ahora no se si ocurran esas idas repentinas porque la cantidad de carros que ahora hay diariamente, hace cuatro años se veían sólo en época navideña y en días festivos y a ciertas horas los fines de semana. A veces había un inconveniente, aunque tuvieras visa, nunca fue una costumbre cargarla a todas horas y todos los días, en cuanto a eso, no creo que haya cambiado nada. La mayoría de la gente seguirá pensando que es mejor que los amigos te dejen de este lado, a perder por extravío o robo, un documento que es difícil y engorroso recuperar. Si planeas y tu filosofía es no acarrearte corajes gratuitos o antes de tiempo, es posible que todo marche bien hasta llegar a la línea. Pero si eres pragmático y antes de dar un paso tienes que conocer el de tu oponente, seguramente checarás en Internet o en la tv o escucharás alguna estación de radio para saber que hay una espera de dos horas y más, mucho más de 500 carros por carril. Ahí empieza el viacrucis. Tus tripas se retuercen. Tu hígado aporta a la vesícula unos mililitros de bilis. Truenas cuando alguien de los que te acompañan dice: uuuuh, la cola debe estar hasta el Cecut o hasta el Smart and Final o hasta la catedral, de ser así, la única opción es cancelar el viaje. Pero, pragmático o contemplativo, llegas a la fila y eso es la línea: una larga espera. Depende de a dónde vayas tu espera puede ser más o menos relajada o terriblemente angustiosa. Si vas de compras, no importa, las tiendas cierran hasta las nueve o diez. Pero si el concierto empieza a determinada hora, sufrirás, créeme. Si no estás tan angustiado como para cerrarte a la vida, te puedes entretener platicando. Recordando que en la madrugada H estaba tan ebria que encendió el cigarro por la colilla y lo fumo de un jalón o que a R se lo querían llevar porque vomitó en la calle mientras M les gritaba ¡bastardos! a los placas, sin acordarse de que llevaba una grapa en su bolsita de mano. Depende de tu cura. También puedes leer el periódico o las revistas del corazón, que te llevan hasta el carro. O escuchar la radio, mientras fabulas que estás en otro sitio, el que prefieras al lado de quien prefieras. O puedes ponerte rijoso y decidir que entras a la guerra de los carriles. Se trata de impedir que se metan en tu fila y te aventajen. Se trata de meterte a otras filas y tomar ventaja. Un alto porcentaje se decide por esta opción que por lo general es sólo para conductores. Si eres copiloto o compañía tienes otras opciones además de leer o platicar: dormirte, hacerte el sordo, el ciego, el mudo o todo a la vez. También puedes ligar. Sonreírle a las conductoras o conductores de tu elección. Algunas veces pega. También queda el recurso de comer: churros, churritos, tostilocos, bolis, chicles, burritos, frutas, sodas, dulces de todo tipo. O bien, puedes darle trabajo a los vendedores de curios preguntando los precios de la playera de Tony Montana. Las máscaras de Mucha Lucha. La alcancía de Tweety. El sarape de los San Diego Chargers. La Marilyn de barro. Eso sí, nunca te bajas del carro. Con calor o frío, hay una regla estricta, sólo te bajas del carro para pelear. Con injurias o a golpes o con ambos recursos, porque se te metieron o te rayaron el carro o porque tu te metiste o rayaste un carro.

    Pero la tecnología nos tira salvavidas. Puedes hablar por celular, puedes jugar con algún artefacto electrónico. Puedes chatear desde tu lap. Checar correos en tu blackberry. Ver alguna película en tu reproductor portátil de DVDs. Extasiarte con el sonido de tu ipod o estrenar tu nuevo Zune. Y entre una o todas estás cosas juntas, el tiempo pasa. Te das cuenta de que pasa porque llegas hasta la puerta “x” y estás esperando que el semáforo se ponga en verde para llegar hasta el inspector, enseñarle tu visa y huir de tu espera de 30 minutos, dos horas o más. Pero antes de que eso suceda, pasas momentos de cruel indecisión. Te preguntas cuál fila de que puerta avanza más rápido, a cual debes ir; porque una vez que llegues a las barras de metal ya no podrás cambiarte. Escoges la más rápida, pero en cuanto llegas a ella, te parece que es la más lenta. Alcanzas a cambiarte porque dos filas a tu izquierda la hilera de carros esta fluyendo maravillosamente. Pero en cuanto llegas, otra vez descubres que todas son rápidas menos la que escogiste, y ya no te puedes cambiar. La balaustrada de metal te lo impide. Y luego cuando te consuelas pensando “no importa, de cualquier manera ya sólo tengo que esperar unos minutos más”, puede suceder algo peor: que cierren la puerta porque hay cambio de guardia. Enloqueces. Golpeas el volante, el asiento. Mientas madres, puteas. Te desahogas y tu hígado también. Otros mililitros de verde bilis. Bueno, eso podría pasar, pero esta vez no paso. El semáforo se pone en verde, avanzas hasta el inspector. Es asiático, quizá filipino. En cuanto llegas extiendes tu visa o las visas. Las recoge. Hubieras preferido a un gringo blanco o negro, porque crees que son menos exigentes. Los mexicoestadunidenses tienen mala fama, casi al nivel que los asiáticos, pero los peores son los texanos. Los identificas por el sombrero, pero sólo están dos o tres veces al año. Hoy no.

    -¿Qué lleva?- cara impasible. Mano izquierda en el cinturón, cerca de la pistola.

    -Nada- pones cara de relajado. Como si las horas de espera hubieran durado un minuto. Sonríes.

    -¿A dónde va?

    -A Las Américas, de compras (si es de día). Al downtown de party (si es de noche). Pero en verdad vas hasta El Cajón a ver a un amigo que no puede cruzar o vas a un club en La Jolla.

    Te devuelve la o las visas. Si es sólo la tuya la guardas, si son varias se las pasas al copiloto para que las devuelva a los dueños, mientras tu enfilas al freeway 5 y piensas, o dices alguna maldición a la vez que aceleras y corres liberado por el 5.

    Pero también puede pasar que después del “qué lleva” te pida que abras la cajuela. Te pida que la cierres, si no encuentra nada sospechoso. Y antes de devolverte los pasaportes, vaya diciendo en voz alta: María (mientras ve la foto de la visa y la cara de sadomasoquista de Mari), Juan (mientras ve la foto y la compara con la cara de pervertido que tiene Juan) y así, hasta terminar con todos. Después te puede devolver las visas y te puedes ir o antes de hacerlo puede entrar en su caseta, sentarse en su banco y pasar una a uno las visas por la banda magnética de la computadora y revisar los registros de cada persona: cuándo ha cruzado, cuántas veces, a qué hora, si está metida en algún lío o si puede o no cruzar. Después te los puede devolver y dejarte ir o bien, puede llenar un papelito del tamaño de una palma sin dedos, pegarlo en tu parabrisas y decirte que pases a revisión secundaria. Ahí es cuando el gozo se va al pozo. Es curioso porque aunque sabes que no hiciste nada, más que decir que ibas a donde no vas y que no traes nada ilegal, te sientes algo asustado, como si te fueran a acusar de algo que no has hecho o a encontrarte algo que tu no sabes que traes. La tensión corre entre todos los presentes, se hace el silencio. Un guardia te indica donde estacionarte y te pide que te quedes en el carro. Si vas acompañado, se dicen algunos comentarios sueltos: “uuuuuh, vamos a llegar tarde”, o “pinches piratas”. Después de una espera que pueden ser minutos o cuartos de hora, viene otro o el mismo guardia. Recoge el papel pegado a tu parabrisas. Y ahí es donde al parecer, entra en juego el azar. Puede ser que sólo te pida una identificación o puede ser que traigan al perro para que olfatee el carro por dentro y por fuera mientras revisan la cajuela, la guantera, los asientos, etc. O también pueden decirte que te formes detrás de otros cinco o seis carros, que te bajes o se bajen todos los ocupantes y que vayan a sentarse a unas mesas grandes de madera, mientras el enorme brazo mecánico que sale de un camión pasa lentamente por la fila escaneándolos con rayos x. Si no encuentran nada te dicen que subas a tu carro y te dejan ir.

    Pero olvido algo: cuando te revisan antes de llegar a la puerta. Una vez que cruzas el vado que en verdad señala la frontera (porque la frontera no empieza hasta la garita sino varios metros antes), cuando ya estás en su territorio, hay grupos de dos policías o miembros de la National Guard o algún cuerpo policiaco militar, que te pueden pedir tus documentos y revisar tu carro, poner al perro a trabajar. Pero eso no pasó hoy. Tú ya estás en el freeway. Ahora que cuando cruzas a pie… si cruzas a pie es otra historia.